BANLIEUSARDS

C’était un film très attendu puisque très bien promu grâce à la musique homonyme en feat avec Orelsan. Pour autant, le fim en lui même dont Kery James a tant vanté les mérites du fait de son auto-production, et du fait que ce sujet soit depuis longtemps maltraités par les « bobos de merde » n’a pas sur répondre aux attentes et à l’engouement.

          C’était un film très attendu puisque très bien promu, notamment grâce à la musique « À qui la faute » avec Orelsan. Un film franco-français, réalisé par Kery James et Leïla Sy, qui a réalisé de nombreux clips dans l’univers du rap français.

          Durant les dix premières minutes du film, je dois avouer m’être dit « Mon Dieu c’est quoi cette bouse que je vais regarder ? ». La mise en place est hésitante, hasardeuse, et les interprétations manquent souvent de naturel. Pour autant, passé ces dix minutes, la narration reprend un peu de liant, et la plume de Kery James vient fournir au récit une poésie impressionnante et étouffante.

famille

Le film raconte l’histoire d’une fratrie de trois garçons :

  • Demba (Kery James) : l’ainé caïd qui « brasse », à la personnalité dur, vivant à travers le trafic du stupéfiants. Il incarne ce côté dur, ce que la télévision aime tant montrer sur la cité, et formant la première partie de la dualité qui est l’un des sujets principaux du film : La responsabilité des banlieues dans leur propre situation.
  • Soulaymaan (Jameeh Diangana) : L’élève modèle, qui réussit tant scolairement que socialement. Il étudie le droit, et se prépare pour la finale d’un prestigieux concours d’éloquence. Ostensiblement proche de sa famille, il se soucis tant de sa mère que des problèmes de ses deux frères. Il forme la seconde partie de la dualité dont traite le film : La banlieue n’est pas seule responsable de ses problèmes.
  • Noumouké (Bakary Diombera) : Le cadet, élève de 3ème qui se cherche. Il n’est pas la synthèse de ces deux frères, mais bien de l’affirmation que Kery James n’a cessé de répéter : « La vie est une question de choix ».

        J’avais un mélange de sentiments avant de regarder ce film : D’une part je trouvais ça plus que légitime de voir un film sur la banlieue écrit et réalisé par un artiste provenant de ce milieu, mais d’autre part les création françaises de Netflix m’ont trop souvent déçus.

         Narrativement, le film est bien construit, chaque personnage s’emboîtant bien l’un dans l’autre rendant l’histoire cohérente : on comprend très vite le rôle des personnages, qui heureusement ne restent pas cloîtrés dans leur petites cases et dévient légèrement de leur chemin, leur conférant un peu d’humanité. C’est ainsi que l’on voit tantôt l’élève modèle sortir du droit chemin, tantôt le caïd pleurer à chaudes larmes, et le cadet oscillant de l’un à l’autre, à la recherche de sa place, tant sur le plan familial, que de ses fréquentations.

nrv

« J’me suis construit tout seul, t’as bien compris « tout seul ». »

Kery James

         Un thème qui prend énormément de place dans le film, et dans le monde du rap de manière générale, c’est le respect pour la mère. Dans ce film, Khadijah (interprétée par Kani Diarra) est une mère veuve qui tente du mieux qu’elle peut d’élever seules ses trois enfants. Si tant de choses séparent les trois frères, c’est bien autour d’elles qu’ils se retrouvent, et à travers son regard que se renforcent les personnages.

La réalisation est dans ce film l’une des clés de sa réussite, elle rattrape l’amateurisme de l’acting qui survient dans quelques scènes, notamment celles du jeu de séduction entre Soulaymaan et Lisa, son adversaire du concours d’éloquence. La photographie est irréprochable et vient sublimer la banlieue, même si par moment quelques longueurs viennent nous poser question, mais c’est l’affaire de quelques secondes. Parmi quelques plans marquants on retrouvera le plan sur le canapé au retour de l’hôpital, celui sur le toit de l’immeuble quand la pluie arrive, et un superbe plan-séquence venant rythmer l’échange des deux concurrents lors du concours d’éloquence.

demba

La grande beauté ce film, c’est qu’il est clairement réalisé comme un film français, il a cette patte propre à notre cinéma. C’est un point important à souligner car cette beauté, à l’heure des questions sur l’identité, la nationalité, ou la fierté, venant à questionner le sentiment d’appartenance des banlieues françaises à leur pays de résidence, nous force à constater qu’ils sont français jusqu’à leur approche du 7ème Art, et ce malgré la défiance et les provocations. Une question de choix.

Au final, ce film, c’est comme aller dans un très bon restaurant, mais avec des serveurs un peu maladroit. Même si ce n’est pas parfait, on se fait quand même plaisir.

MA NOTE

Note : 4 sur 5.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :