365 DNI

Jusqu’à ce film, on ne parlait de films érotiques que pour évoquer les programmes de M6 le dimanche soir, désormais on en parlera pour avoir des discussions peu constructives sur la culture du viol.

Qu’on se le dise un bonne fois pour toute : je n’ai pas aimé ce film. Les questions éthiques qu’il provoque ne sont même pas celles qui m’ont le plus posé problème : j’ai été davantage dérangé par la pauvreté du scénario, et les innombrables facilités que s’autorise ce film pour faire avancer son histoire.

Un film comique est un film qui a pour vocation de provoquer le rire, un film d’horreur a pour vocation de provoquer l’horreur, et un film pornographique a pour vocation de nous montrer des teubs et des foufounes en collaboration. 365 DNI est un film érotique, il a donc pour vocation de stimuler nôtre désir sexuel.
Je dis ça pour tempérer un peu avant d’entrer dans le vif du sujet : Si telle est la vocation de ce film, il ne faut pas être trop exigeant quant à ses autres aspects. Le scénario n’a pas dans ce genre de film la vocation d’être aussi travaillé que dans un drame : l’intrigue, la construction des personnages, tout y est secondaire. Si je prend un train pour Marseille, je ne m’attendrai pas à arriver à Nantes, c’est aussi simple que ça.

Quand ton ostéopathe te remet une vertèbre en place.

En revache : Si je prend ce même train pour Marseille, et que je voyage dans un wagon citerne, je ne serai pas non plus satisfait. Je serai arrivé à bon vieux port, mais mon voyage n’aura pas été très confortable, et je risque de ne pas recommander ce OuiGo.

On a qu’une occasion de faire une bonne première impression

Je dois dire que je suis tenté de vous spoiler l’histoire, parce que justement : il n’y a pas vraiment d’histoire, alors est-ce que c’est toujours du spoil ? Dès les première scène on nage dans un mélange de clichés cinématographiques, et grand n’importe quoi. Les premières scènes ont été tournées par des cadreurs en rollers complètement fous, aucun plan n’est fixe, si bien que l’on est désorienté alors qu’on a pas encore entamé notre pop-corn. Ce mécanisme de travelling, utilisé à excès dans les productions sans fond pour capter notre attention est un artifice de producteur, tout comme l’utilisation de musiques, toujours à excès : Une bonne scène n’a pas nécessairement besoin de musique, ou de beaucoup de mouvement, c’est le langage cinématographique même, une musique souligne quelque chose, un mouvement aussi, comme des mots, mais pour un film. Dans le cas de 365 DNI, ils servent d’artifice, pour réclamer l’attention, comme ce Youtubeur qui va utiliser un titre putaclic et une image racoleuse parce qu’il sait au fond de lui que son contenu est vide, alors il use d’artifices.

La première scène est un sketch qui est supposé nous présenter le personnage de Massimo, qui comme son nom l’indique est italien. Tous les clichés y sont : Ils se retrouvent en costard sur le toit d’un bâtiment abandonné pour faire un marché pas du tout suspect. Massimo, véritable gravure de mode bien trop beau pour avoir besoin de passer par les affaires sales, a à peine le temps de mater une meuf avec des jumelles comme tout bon prédateur sexuel dangereux qui se respecte, que son père interrompt son marché d’esclave sexuel pour venir lui donner un conseil de vie très cliché tout droit sorti de la plume d’un mec qui se prend pour Audiard, avant de mourir d’une balle dans le cœur sous les yeux de son fils et de son collègue mafieux aux cheveux plaqués en arrière. Ce ne sont plus des clichés, mais des rafales.

De l’autre côté, nous retrouvons Laura, qui comme son nom ne l’indique pas est polonaise. Elle part fêter son anniversaire en Sicile avec son chéri que l’on reconnait car il est habillé comme Alban Ivanoff, pendant que l’intégralité du camping se trimbale en Hugo Boss. Pour passer le temps après une dure journée de travail, elle apprécie se masturber avec son vibromasseur. Voilà un personnage travaillé.

Italie 1 – 0 Pologne

Dans le football, les italiens sont connus pour une tactique : le catennacio. Cette tactique prive l’adversaire de ballon qui s’épuise physiquement et mentalement, ainsi, en fin de match quand l’adversaire est le moins concentré et combatif, ils en profitent pour attaquer et marquer le but de la victoire. Massimo semble apprécier le football.

Les débuts sont extrêmement malsains. Laura est enlevée et enfermée dans l’immense château de la Massimo Family. Son hôte lui explique son plan : elle a 365 jours pour tomber amoureuse de lui. Payes tes vacances pourries. C’est ce concept même qui rend le film malsain, Massimo aurait un droit de possession sur les autres êtres humains? Il aurait le droit de manipuler les sentiments et le libre arbitre de ceux qu’il désire? Non, Massimo n’a rien de tout ça. En revanche, Massimo a de l’argent, et selon ce film, c’est tout comme.

Tu veux sortir avec mwa ?

Challenge accepted

En regardant ce film, je m’attendais à un peu d’action, une Laura qui se rebelle, un Massimo contrarié. Rien de tout ça. Il faut moins d’une heure pour voir nos deux protagonistes baiser de façon consentante. Moins d’une heure. Il aura fallu une pauvre scène de noyade totalement nanardesque pour en arriver là. En fait le film se construit en deux partie :

  1. Le chantage sexuel de Massimo
  2. Le syndrome de Stockholm

Sur le plan cinématographique, on sent qu’il y a eu un effort de fait, mais tout est maladroit. Comme on l’a dit précédemment, les artifices sont trop nombreux, mais on peut aussi souligner l’énorme manque de cohérence dans le récit : Beaucoup de scènes tombent comme des cheveux dans la tarte aux poils. Je soulignerai notamment un enchaînement boite de nuit + Yacht + Bal façon 50 Nuances de Grey, avec le masque vénitien, agrémenté d’une incohérence digne des propos d’un alcoolique à la fin de sa 2ème bouteille.
Ensuite, et on va me dire que je chipote, mais il y a un manque terrible d’authenticité : tout pue le faux riche, à l’image de ce compte Instagram qui publie tout le temps des photos à Monaco comme s’il y habitait alors qu’on sait pertinemment qu’il roule dans une Clio achetée sur LeBonCoin et qu’il y est allé en Blablacar.

Du CUL, DU CUL, DU CUL

Je rappelle ce que j’ai dit en préambule : C’est un film érotique, on est donc en droit d’attendre un peu de chaleur humaine. Force est d’admettre que 365DNI a quelque chose à offrir. Les scènes érotiques ne manquent pas, mais a-t-on la même définition de l’érotisme ? Pour être honnêtes, certaines scène ressemblent davantage à du porno hardcore mal cadré, qu’à un érotisme qu’on attendrait un peu plus doux ; j’imagine que c’est l’époque qui veut ça.
Massimo est comme de nombreux homosapiens mâle, il aime se faire sucer. Il pourrait même se faire sucer dans n’importe quelle situation : Dans le lit, dans l’avion, dans un yacht, à la caisse du LIDL de Palerme, tout lui convient.
En revanche, on ne baise jamais sans écouter une musique qui pourrait passer sur NRJ, et à tout moment je m’attendais à entendre « Ça s’est passé chez Cauet » entre deux coup de reins.

Si tu reprends mon shampoing pour cheveux secs je t’éclate.

Sur le plan érotique, le film fait le blowjob, je mentirai si je disais que je n’avais pas eu l’idée de pratiquer le sexe en visionnant ce film durant les scènes prévues à cet effet. En revanche, quand la narration a repris son cours, je me suis retrouvé avec un demie-molle.

La morale

Je ne voudrai pas finir sans préciser que si je reconnais les qualités érotiques de ce film, l’histoire est un poids qui pèse trop lourd pour pouvoir en dire fondamentalement du bien. La captivité de Laura pour le plaisir sexuel de Massimo met très rapidement mal à l’aise, et tous vos principes se perdent quand elle finit par accepter et vivre sa meilleure vie. Ce film a insulté mes valeurs en me présentant ce personnage qui veux posséder, face à un autre personnage qui finalement voit en Massimo l’occasion de posséder dans le sens le plus artificiel qui soit : l’argent.
En pleine libération de la parole des femmes, prônant entre autre la lutte contre le conditionnement, et contre la culture du viol, voir cette même culture l’emporter aussi aisément : ça la fout mal.
L’argent à outrance, les grands châteaux, les yacht, les énormes villas, ce vieux rêve d’opulence est devenu à mon sens vulgaire, et une nouvelle fois : artificiel.
Les personnages, leurs interactions, les décors, ou encore les musiques : tout dans ce film se résume en ce seul et simple mot : Artificiel.

Ma note

Note : 1 sur 5.

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