Les cinémas vont-ils disparaître?

Les habitudes de consommations ont changés, car nous, consommateurs avons changés. Face à cela, les cinémas connaissent de grosses difficultés, mais résisteront-ils ?

Nous sommes en 2020, une année ô combien particulière. La crise de la COVID-19 a chamboulé toutes nos habitudes et nos comportements à travers le globe. Le cinéma ne déroge pas à la règle et est également malmené par ces événements : Salles fermées durant des mois, distanciation sociale, crainte des regroupements, tous ces éléments sont autant de facteurs qui accentuent les incertitudes pour les exploitants.

Pourtant, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la pandémie n’est en rien la raison principale de la disparition programmée des cinémas. Il y a plusieurs années qu’un élément essentiel est venu chambouler nos habitudes de consommation du cinéma : Les système de VOD.
Netflix d’abord, suivi par Amazon Prime, Disney+, Apple TV, tous les géants sont à l’assaut et viennent secouer l’échiquier.

Nous avons changé

Le changement arrive plus vite qu’on ne le pense. Il suffit de se souvenir de la façon dont nous regardions le cinéma il y a 15 ou 20 ans. Certains attendaient le film du dimanche soir, mais allaient au cinéma, certains allaient sur eMule, mais allaient au cinéma, certains louaient des VHS, des DVD, mais allaient au cinéma. Aujourd’hui encore, la fréquentation des cinémas laisse les exploitants dans une situation viable, mais pour combien de temps?
Depuis quelque temps, nous ne regardons plus les sorties du mercredi, mais les nouveautés d’un catalogue ou celles à venir.

« Ah tiens, y a la saison 4 qui sort la semaine prochaine ! »

A l’instar de la musique, le cinéma est une véritable industrie, et chaque industrie doit s’adapter aux demandes des consommateurs. Ces derniers temps, la majeur partie des films que nous regardons le sont sur des plateforme de streaming. Comptez-vous même le nombre de film que vous avez vu au cinéma sur l’année, et combien vous en avez vu sur Netflix et consort? Il est probable que vous arriviez à compter le premier, mais que le seconde nombre soit incalculable. C’est là la donnée nouvelle, le public désire avoir le cinéma chez lui, et il l’aura.

Çà a commencé

Netflix produit lui même ses films et ses séries, et bien que la maîtrise et la production demeurent contestables, ils ne sortent pas en salles. The Irishmman est l’exemple le plus parlant : Film du géant Martin Scorcese, réunissant les géants De Niro, Al Pacino, et Joe Pesci, il a eu droit à deux petites projections d’avant première à New York et Lyon, avant de connaître une sortie mondiale sur Netflix.
Plus récemment, c’est Disney qui a changé de cap, peut être à cause de la pandémie, ou peut être simplement à cause de la conjoncture économique, avec la sortie du nouveau Mulan qui devait initialement sortir en salles, et qui sortira finalement sur sa plateforme Disney+, au grand dam des exploitants.

Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une étape : avoir une plateforme qui propose les dernières sorties cinéma. Il n’est pas fou d’imaginer une plate forme type « Pathé+ » ou « UGC Max » qui proposerai les dernières sorties ciné dans un catalogue disponible pour 29,90€ par mois. Et il n’est pas fou de se dire que ça pourrait fonctionner, et que ce soit déjà en projet. les industriels s’adaptent aux habitudes de consommations pour vendre davantage, et la VOD est là où s’oriente tous les médias, la télé à son propre replay, la musique à Spotify ou Deezer, le cinéma a ses plateforme de streaming.

Un monde sans cinémas, impossible ?

Le cinéma en tant que tel ne mourra pas de la fin de ses salles, il continuera d’exister mais se consommera de façon différente. Si une entité pâtira bien de cette disparition ce sera celle des villes, déjà très malmenées par l’arrivée des grandes zones commerciales périphériques. On peut imaginer que l’état et les collectivités subventionneront encore certains cinéma en difficultés, mais l’argent public n’a pas pour vocation à financer des salles vides.
La ruralité pâtira également. Les cinémas étant déjà devenu une denrée rare, un tel changement impliquera une accélération du processus. Cela dit, concernant la ruralité, il serait certainement plus important d’investir sur l’implantation de médecins dans les déserts médicaux, que de s’inquiéter des déserts cinématographiques.
Enfin, on peut également s’inquiéter de la perte de diversité des films disponibles sur les catalogues présents et futurs. Si des chaînes comme Canal et Ciné+ proposent certains films qui ne sont pas nécessairement grand public, la question de la place des nouvelles sorties « cinéphile » (ndlr : bien que ce mot n’ait aucun sens) reste à trouver. Enfin, quid des films d’art et d’essai?

La bonne nouvelle, c’est que les humains ont ce penchant pour se retrouver et partager des émotions : les bars n’ont pas cessé d’exister sous prétexte que l’on a des bouteilles d’alcool à la maison. Une baisse drastique de la fréquentation est donc à prévoir, mais pas une disparition totale. des cinémas : les plus fréquentés subsisteront, avec un personnel probablement réduit et plus polyvalent, tant pis pour la qualité de vie au travail.
L’autre bonne nouvelle, c’est que le cinéma à la maison fait que l’on a jamais autant regardé de films légalement qu’avant (J’inclue bien entendu les séries aux films qui font partie intégrante de la culture cinématographique). Les comportements de Binge-watching, qui poussent certains à passer des journées entières à regarder des séries, étaient auparavant réservés à des illuminés du cinéma qui parfois étaient de grands artistes, parfois des amoureux. On peut se demander si le monde est devenu cinéphile, s’il tue l’ennui, ou s’il a juste peur de rater la dernière série du moment.

Personnellement, je suis comme beaucoup de monde, face à mes propres contradictions. Je serai heureux d’avoir chez moi les dernières sorties cinéma, tout en évitant les gens mal-élevés, les portables qui sonnent en pleine séance, et la gêne de me lever pour aller pisser sans mettre en pause.
A contrario, je serai totalement désemparé si je constatais que mon cinéma préféré venait à disparaître et devenait un immeuble immonde comme on en construit tant .Je suis heureux de le voir encore debout actuellement, mais une chose est certaine, ce n’est pas grâce à moi.

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