Brutus Vs César

Il y a des moments où les gens qu’on aime font des bêtises, et ce n’est pas parce qu’on les apprécie qu’il faut les encourager dans leurs erreurs.

S’inspirant de l’histoire de l’assassinat de Jules César par son propre fils, et du complot orchestré par les sénateur romains, Brutus Vs. César revisite ces faits dans un style plus léger pour en faire une parodie historique. Sorti en ce mois de septembre 2020 sur Amazon Prime, le film a bénéficié d’une belle promotion, mettant notamment en avant l’implication naissante du géant américain dans la production audiovisuelle française.
Mais qui dit promotion, dit attentes. Contrecoup dont avait déjà pâti Kev Adams pour ses Nouvelles Aventures D’Aladdin, mais cette fois-ci dans une moindre mesure, puisque la promotion et le rabâchage a lui aussi été moindre.

Ce film profite tout de même de plusieurs aspects réjouissants : La production est pour tout dire très bonne, à commencer par une photographie parfaitement adaptée au genre de la comédie, et surtout une salade césar de casting : Ramzy Bedia, Gerard Darmon, Thierry Lhermite, Pierre Richard, Bérangère Krief, Issa Doumbia, ou encore Jérémy Ferrari sont autant de visages connus et reconnus présents dans ce film aux côté du réalisateur qui enfile le costume du personnage principal, Kheiron.

Veni, vidi, vomi

Oui mais voilà, même dans les meilleures bandes de copains, bien que l’on soit tous doués, parfois ça ne suffise pas parce qu’on a tout simplement pas pris la bonne direction. Si, lorsque l’on pense à une comédie française du temps des romains, on a tendance à penser à Mission Cléopatre, la première comparaison qui m’est apparue en regardant ce film a été Kaamelott pour une simple raison : les personnages emploient un parlé de notre époque, parfois familier, parfois vulgaire. Mais cette fois-ci, ça ne fonctionne pas. Là où Kaamelott utilise ce langage pour créer un univers, Brutus Vs César l’utilise pour créer un gag, et on sent que ça force le trait. Un défaut d’écriture parmis tant d’autres, l’humour est bien souvent très facile, et surtout très uniforme, chaque personnage provoquant des gags très similaires soulignant une nouvelle faiblesse d’écriture : le manque de relief des personnages.

Ramzy Bédia dans son rôle de Le Méchant

Prenons par exemple le personnage de Jules César, interprété par Ramzy Bedia. Ce Jules César est le moins abouti de tous ceux que j’ai pu voir jusque là, se contentant d’exécuter tout le monde un peu au hasard, la redondance du gag devenant aussi lourd que le personnage de Sacha Baron Cohen dans The Dictator. En tant que spectateur, on ne verra qu’un Jules César méchant, point barre. Une construction aussi aboutie que l’histoire d’un CP « Les Gentils contre Les Méchants ». Si encore il était divertissant dans sa méchanceté, mais rien de tout ça. A l’exact opposé de Jules César se trouve son fils Brutus, interprété par Kheiron qui n’est que gentillesse et naïveté. C’est bien, c’est mignon, c’est gentil.. oui mais c’est trop. C’est comme manger du miel, une cuillère, c’est bon, deux cuillères, c’est toujours bon, un pot de 500 grammes par contre ça me rend malade. Il est gentil que ç’en est insupportable, et l’incarnation même de l’expression « L’enfer est pavé de bonnes intentions ». Les chutes, les moments volontairement gênants et autres quiproquos farfelus tombent n’importe comment, et sont très similaires d’un personnage à l’autre. Probablement, Kheiron a-t-il voulu mettre de lui en chacun d’entre eux, mais on finit par penser qu’il n’a mis que de lui, et fait perdre tout le relief de son film, et sans relief, c’est plat.

Frustruat nec mergitur

Un gouffre de frustration s’empare de moi lorsque je repense à ce film, parce que tous ces acteurs font partie de ma culture, m’ont apporté tant de joie, que cette fois-ci, leur simple charisme n’est même pas au rendez-vous. Quelques moments fugaces m’auront quand même décroché un sourire, et même du rire, mais les lacunes sont si nombreuses que l’arbre ne cache pas la forêt.
D’autres comédiens qui font pourtant partie des têtes d’affiche n’apparaissent que quelques minutes, je pense notamment à Jérémy Ferrari et Issa Doumbia qui ont deux rôles de sénateurs, l’un jouant les handicapés, l’autre le copain du handicapé, qui disparaissent au bout de quelques brèves répliques. D’une autre façon, l’un des personnages qui n’est nul autre que Spartacus semblait être un personnage clé du récit, mais son rôle se révèle creux et inabouti, pour ne pas dire inutile. En fait, le film tente avec beaucoup de maladresse de nous raconter une histoire, mais il s’éparpille trop, au détriment de son récit.

Une esclave, le héros, et Spartacus

Enfin, en évitant tout spoiler, la fin du film reste un grand mystère pour moi, mais fait partie des nombreuses erreurs d’écriture de ce film, laissant un grand sentiment de confusion. Y a-t-il une suite ? Est-ce réellement terminé ? Quelle que soit la réponse, le constat est le même : c’est très mal emmené, et donc mal écrit.
Pour reprendre l’exemple de la bande de copains, regarder ce film a été comme une invitation à une soirée avec plein de potes que j’aime, mais la soirée devient une bide complet, l’ambiance est à chier, tout le monde est sur son téléphone, et certains partent après à peine 10 minutes. On se dit que ça arrive, on oublie pas que cette soirée était mauvaise, mais on espère que la prochaine sera meilleure.

Ma Note

Note : 1.5 sur 5.

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