ADIEU LES CONS

On avait presque oublié que le cinéma pouvait nous faire rêver, Albert Dupontel est venu nous le rappeler avec cette comédie satirique très attendue.

Pour son septième long métrage, Albert Dupontel nous régale d’une histoire au pitch noir comme il les aime tant. Une coiffeuse approchant d’une mort prématurée, rencontre un suicidaire raté et un aveugle victime d’une bavure policière ; Autant dire que si l’on n’est pas familier avec l’humour noir, c’est déjà mal barré. Mais le réalisateur aime les marginaux, et il aime d’autant plus raconter avec quelle injustice et quel cynisme ils peuvent être traités.

Bonjour Albert

Le film présente très rapidement nos deux protagonistes, interprétés par Virgine Efira, et Albert Dupontel lui même. La première apprend par un médecin quelque peu désinvolte que les laques de son salon de coiffure ont déréglé son système immunitaire, et qu’elle va mourir assez vite. Face à cette fin imminente, elle décide de partir à la recherche de l’enfant que ses parents lui ont forcé à abandonner à la naissance. Le second est un as des systèmes informatiques et de sécurité se voyant refusé injustement une promotion parce que sa direction préfère les jeunes. Pourtant c’est dans ce torrent de mépris que le film parvient à nous tirer la meilleure empathie envers des personnages en détresse. Le film va alors se transformer en buddy-movie quand le suicide raté de l’informaticien va être pris pour un attentat et provoquer la rencontre des deux personnages.

Bonjour, avez-vous trouvé Jésus ?

Tel dupontel

On le savait déjà, mais maintenant nous pouvons en être sûr : Albert Dupontel est un poète. Après avoir vu de nombreux film très terre-à-terre, un film parvient enfin à nous faire rêver. On a beau se trouver dans un univers parfois peu crédible, mais par un élan de candeur on se laisse porter, et on vit cette histoire comme une aventure stupéfiante.
Le Dupontel s’affine avec l’âge, et il arrive parfois à nous faire rêver avec les choses les plus banales. Ce film m’a plusieurs fois fait penser aux films de Jean-Pierre Jeunet, par sa sublimation de l’habituel : j’ai été par exemple marqué par un plan de rétroviseur intérieur, c’est dire.
Beaucoup de poésie donc, de l’amour entre nos trois personnages, tous écorchés vifs, qui parviennent à trouver entre eux un peu de considération, par leur coopération, leur union dans cette quête de l’enfant perdu, mais aussi de l’humour. Beaucoup d’humour.
Avec un réalisateur qui provient de la scène humoristique, ça n’est pas surprenant. Vouant un culte aux Monty Pythons, et plus particulièrement à Terry Gilliam, présent au casting et Terry Jones auquel le film est dédié, le burlesque est maître mot. A vrai dire, l’humour burlesque est à l’échelle du cynisme de nos sociétés occidentales, puisque chacun se trouve dans l’exagération.

Ce fameux plan de rétroviseur qui me fait pleurer tellement il est beau

« Adieu les cons », c’est finalement l’histoire de deux, voire trois personnages, tous pris pour des cons et inconsidérés brutalement, au point qu’à force d’empathie pour eux, le monde extérieur fini par nous faire penser que ce sont tous ces « normaux », ces bons gens bien intégrés qui sont les véritables cons. Vous, moi, Albert Dupontel, et les autres : tous des cons.

Juger ce film est pour moi très périlleux. J’ai trouvé que c’était un bon film en sortant de la salle, mais avec le recul, je trouve que c’est finalement un excellent film. Objectivement le meilleur Dupontel, mais pas pour autant mon préféré. Toujours est-il que pour se faire une opinion, le mieux reste d’aller le découvrir soi même en salle, et de découvrir que la France ne produit pas que des comédie familiale bas de gamme et bienséantes, il lui reste encore de l’audace et du talent.

MA NOTE

Note : 4 sur 5.

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