MANK

J’ai rencontré récemment une fille absolument magnifique, d’une beauté comme on n’en voit que très rarement dans la vie. Et elle était tellement cultivée ! Trop en fait. Beaucoup trop. Plus elle parlait, plus je me sentais bête. Du coup je l’ai détesté.

Le nouveau film de David Fincher a suivi la nouvelle autoroute commerciale du cinéma, et trouvé sa sortie « Netflix-centre » le 4 décembre 2020. Une nouvelle voie qui fait râler les exploitants, mais qui est une bénédiction pour les boulimiques du cinéma, qui n’ont plus qu’à commander sur leur UberFilm et être livrés en quelques nanosecondes.
Pour poursuivre cette métaphore, un nouveau film de David Fincher est pour ces Ciné-boulimiques un évènement aussi important qu’un nouveau McSignature de McDonald pour un boulimique lambda.

Alors les boulimiques, on aime le cinéma?

Ce véritable monument vivant du cinéma nous a à de nombreuses reprises offert de grands moments : The Social Network, L’étrange Histoire De Benjamin Button, Fight-Club, ou encore l’un de mes films favoris, Seven.
Avec en tête d’affiche le non moins immense Gary Oldman, le film nous raconte l’écriture d’un film connu pour être « Le Plus Grand Film de Tous Les Temps » : Citizen Kane, d’Orson Welles.

Des Clins D’oeil

Cette écriture est raconté à travers les yeux du véritable scénariste du film de 1941, incarné donc par Gary Oldman. Ce film culte est connu pour l’utilisation de flashbacks en tant que mécanisme de narration. Un mécanisme utilisé continuellement, le passé et le présent alternants de façon répétés, pour construire une histoire et dénouer une intrigue. Mank utilise le même mécanisme pour raconter l’écriture du film par un scénariste alcoolique et convalescent.

Séquence éblouissante où Mank se bourre la gueule.

Mank, ça n’aura échappé à personne, utilise le noir et blanc : une façon à peine voilée d’évoquer Citizen Kane, dont la photographie noir et blanc dépendait premièrement de l’époque, pour ce même noir et blanc, mais aussi d’un regard audacieux et artistiquement fin de Gregg Toland (Directeur de la photographie de Citizen Kane), et de Orson Welles, nous ayant offert de nombreux plans devenus cultes dans une œuvre encore aujourd’hui faisant figure de référence. Là aussi, David Fincher a dû vouloir faire un clin d’œil, car visuellement, le film est un missile. Il frappe nos yeux et nous donne une matière à plaisir visuel contemplatif. Une sorte d’expo-photos-animées, comme on aurait dit en 1890.

Epileptie

Oui mais voilà. Une expo-photo, c’est bien pendant un temps. Même aux débuts du cinéma, les vues Lumières ont fini par faire chier tout le monde, aussi belles furent-elles. Le public avait besoin de s’accrocher à une intrigue. Et c’est là le gros défaut de Mank. Le film ne prend pas le temps de nous embarquer : c’est un TGV qui trace à 300km/h et nous sommes les vaches dans le pré qui le regardent passer. Le film va vite, il s’éparpille, et logiquement le spectateur déraille.
L’intrigue avance à toute allure, et s’étend en sous-intrigues couplées à des dialogues à rallonges, mélangés par l’alternance de flashback et de retour au présent, à tel point que, rapidement, je ne savais même plus de quoi le film parlait vraiment. J’essayais de comprendre, de me raccrocher au film pendant près de trois quart-d’heure, mais le train était déjà beaucoup trop loin.
Le pire pour moi, est que le film avançait son intrigue tellement rapidement que je me suis senti bête : je me demandais si j’étais suffisamment intelligent pour simplement comprendre l’intrigue.

« Ah oui? Et la fois où vous m’avez volé mes granolas? » *flashback*

Je n’ai pas passé un bon moment, j’ai arrêté le film sur une énième jolie scène que je ne comprenait pas, perdu. Parait-il qu’il fallait voir Citizen Kane avant de regarder Mank, moi je dirais :

Regardez plutôt Citizen Kane.

Ma note

Note : 2 sur 5.

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