MANDY

Quand je pense qu’on se casse la tête à chercher les ovnis dans le ciel alors qu’ils sont au cinéma, ça me révolte.

Il y a des films à part, des films qui marquent à tout jamais une cinéphilie, parce qu’ils sont hors concours, parce qu’ils sortent des chemins et des story-boards tout tracés. Mad Max Fury Road, Blade Runner 2049, pour ne parler que des plus populaires, m’ont fait à peu près le même effet de par leur visuels peu conventionnels, mais foutrement efficaces, et Dieu sait que je m’y connais en foutre.

Mandy est le deuxième film de Panos Cosmatos, réalisateur canadien né à Rome (ça commence), mis en musique par le talentueux, cocaïnomane et regretté Jóhann Jóhannsson, à qui l’on doit notamment la somptueuse musique de Une Merveilleuse Histoire du Temps. Sorti en 2018, il met en scène Nicolas Cage que l’on ne présente plus dans une thriller tantôt psychologique, tantôt psychédélique, à base de vengeance, de gore et de hippies.

Hey ! Sans alcool la fête est plus folle, pas vrai les loulous ?

Premiers pas

La rencontre avec ce film est comme un premier contact avec un inconnu marginal : Vous êtes à la fois déstabilisé par ce nouveau regard sur le monde, mais en même temps fasciné par ce qu’il se passe sous vos yeux. Pour ma part, j’ai eu peur que ce film soit une nouvelle masturbation de réalisateur pédant, par cette lenteur qui s’installe au début où les répliques s’échangent mollement, comme pour faire semblant d’être profond.
Il faut très vite se modeler à la narration du film, qui n’est pas vraiment complexe, mais peu conventionnelle. Cela n’est d’ailleurs pas un problème puisque ce surréalisme est le parti pris du film, dans sa narration, son récit, et surtout par sa photographie qui est une grande réussite. Des choix artistiques audacieux qui sortent de l’ordinaire et dépoussière une photographie souvent bien trop standardisée.

Oh non, pas encore un truc du style « Je veux juste en finir », pitié noooooon !

Les premiers pas sont tout de même délicats, on ne sait pas ce que le film nous apporte mais on le reçoit malgré tout tel quel, on ne sait pas où le film nous emmène, mais on l’accompagne. Pourtant il est étrange, il flirte entre le sordide, le malaise, et l’oppression. On est pas loin de dire qu’il est fou, mais les fous ont quelque chose de fascinant, c’est pour ça que quand l’un d’entre eux marche dans la rue, tout le monde le regarde.

Ejaculer du sang

Oui, absolument, ce titre a été dérangeant à écrire car il est dérangeant à conceptualiser. Cela dit il n’est pas loin d’exprimer clairement ce que l’on ressent une fois que la mise en place des éléments laisse place à une explosion jouissive de violence. Il y a en nous une part animale que l’on apprend à maitriser en grandissant, à canaliser par de l’empathie, du recul et parfois juste pour paraître. Cependant, cet animal instinctif, et violent par nature, sommeille toujours en nous. Ce film va caresser cet animal dans le sens du poil et flatter vos bas instincts par de l’ultraviolence, sans censure, sans détour, mais avec une escalade telle qu’on pourrait croire à de la caricature.

« Vous savez je prend souvent des auto-stoppeurs. »

Pour autant, le film ne se résume pas qu’à de la violence gratuite pour la violence. C’est bien entendu un histoire de vengeance passionnelle tournant à la folie, mais qui s’inscrit dans un imaginaire fort, et visuellement exceptionnel (j’insiste sur ce point, mais putain que c’est stylé). Ce film, c’est du cinéma, il a l’esprit à la fois libre et fou. Ce n’est pas un produit qui a été calculé en évaluant les centre d’intérêts d’un public donné, c’est l’expression d’un artiste hors champ, singulier, et talentueux.
Je serai passé complètement à côté de ce film qui a déjà bientôt 3ans sans ma présence sur des groupes Facebook qui parlent de ciné. Alors certes je ne l’aurai jamais su, mais ça m’aurait beaucoup manqué.

Ma Note

Note : 5 sur 5.

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