Kaamelott : Premier volet

Douze années que les fans en avaient gros. Douze années pour finalement sortir dans le chaos du pass-sanitaire : une ligne de plus dans la légende Arthurienne.

On dira même que depuis quinze ans, on entend les fans les plus hardcore de Kaamelott balancer leurs répliques cultes à longueur de journée. Il faut dire que la série avait alors une écriture novatrice, et les anachronisme verbaux couplées aux expressions jusqu’alors inconnues avaient de quoi décontenancer les spectateurs. Aujourd’hui encore Kaamelott est l’une des séries françaises les plus influentes, et revenir après tant de temps se révèle être en sacré défi.

Même Chabat il est trop content quand y a Chabat au casting.

Après s’être battu pour les droits, Alexandre Astier s’est battu pour écrire son film au mieux et dans les meilleurs délais. Il n’a en revanche probablement pas eu trop besoin de se battre pour rassembler le superbe casting de la série, à l’exception du regretté et immense Pierre Mondy.
Chabat, Clavier, de Caunes, et bien sûr l’habituelle équipe de fidèles acolytes du Roi de Bretagne sont du casting, le patron Astier se chargeant du reste : écrire, réaliser, créer la musique, rôle principal, préparation du café, et des repas du midi. Décidément quel homme.

La Quête

Revenir plus d’une décennie après le dernier épisode d’une série si populaire est un défi de taille. Les attentes des spectateurs n’ayant fait que croitre, la marche était devenue de plus en plus haute à chaque mercredi sans Kaamelott à l’affiche. Mais au delà de ça, un défi bien plus important se dressait dans cette aventure : entre une série télé, et un long-métrage il y a une différence fondamentale : la narration. On ne raconte pas un film de la même façon qu’un épisode à sketch de quatre minutes, le récit doit se construire, se développer, et se densifier. L’exercice est totalement différent.

Pas la peine de me regarder comme ça Alex, je préfère être honnête…

Cette quête est un échec, et malheureusement ce n’est pas une quête secondaire, mais bien la principale.
La série avait l’avantage d’être composée de nombreux épisodes et de pouvoir, d’un épisode à l’autre, faire intervenir un personnage ou un groupe de personnages différent sans trop se perdre dans le récit. Ici entre le fan service et le nombre absolument gigantesque de personnages introduits puis oubliés, le récit se découd comme une sape fabriquée au Bangladesh.
Bien évidemment, vous aurez votre doses de Perceval et de Karadoc, mais on a la sensation qu’Alexandre Astier n’a voulu laisser personne sur le carreau, au détriment du rendu final.

Les racines

Le film est à l’image du patron. Si Alexandre Astier est proche de sa famille au point de donner un rôle au moindre de ses spermatozoïdes, il en est tout autant du film qui reste proche de ce qu’était la série avant lui. On a déjà parlé du fan-service qui, bien que souvent maladroit, nous remémore des passages de la série, de Provençal le Gallois, à l’invention d’un jeu incompréhensible comme il y en a eu auparavant.
En fait la série revient malgré elle à ses racines à l’instar du roi Arthur qui revient malgré lui au royaume de Bretagne.

Quand t’enlève son Tampax d’un coup sec.

Surtout, la série à sketch colle à la peau du film comme un chewing-gum sur une semelle. On a envie de l’enlever mais rien à faire, ça reste. Les scènes sont des épisodes de Kaamelott qui sentent un peu le réchauffé, et desservent un récit qui, au vu du talent d’Alexandre Astier, méritait meilleur sort.

J’ajouterai à cela deux détails que je ne peux passer sous silence : Premièrement le costume de Lancelot est une infection visuelle totalement nanardesque. Un look de lézard qui je l’espère a une explication tangible, mais qui ici n’est jamais justifié et parait complètement ridicule. Peut être que si nous n’avions pas tergiversé avec des personnages inutiles au récit nous aurions pu avoir une brève explication.
Et deuxièmement je finirai sur une note positive : la musique. J’attendais avec impatience d’écouter les musiques du film composées par le boss et je n’ai pas été déçu. Elle est belle, ambitieuse, en accord avec l’univers, et m’a rappelé des jours heureux du cinéma de mon enfance avec des compositions symphoniques orchestrale qui étaient alors plus répandue.

Note : 3 sur 5.

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