OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire

Ça vous est déjà arrivé de retrouver un vieux pote avec qui vous vous rigoliez à mort, et de constater qu’il est devenu une parodie de lui même ?

Oui, pour une fois l’introduction est cash, car la déception l’est tout autant. Les OSS 117 étaient, pour ceux de ma génération, deux films d’une saga parodique qui ont marqué les esprits de répliques, de dialogues et de gags impérialement cultes. Des films pastiches d’une époque, d’un genre, d’un personnage, mais surtout des films avec une personnalité à part entière.
Alors forcément, quand on reprend la marque OSS 117, l’épreuve est de taille : il faut réussir à être à la fois novateur et conserver l’esprit des films originels.

Après Bérénice Bejo et Louise Monot, l’iconique Jean Dujardin partage cette fois-ci son aventure avec Pierre Niney, alias OSS 1001. Déployé en Afrique dans un pays dont on ignorera toujours le nom, Hubert Bonisseur de La Bath est chargé d’aider un Président-Dictateur allié des français à affaiblir les rebelles du pays.
A noter un changement qui est certainement loin d’être anodin : la réalisation du film n’est plus confiée à l’immense Michel Hazanavicius, mais au jeune Nicolas Bedos, qui s’est fait récemment remarquer avec La Belle Epoque.

Je m’appelle Bath… Jean Bath

Le film reprend d’emblée les codes de la saga James Bond : le roi de la baston, des punchlines, des méchants russes qui tirent n’importe comment, et un générique Bond-like qui n’a pas à faire rougir celui de Taxi 3. A ceci près que cette fois-ci, de La Bath est confronté au fossé générationnel avec OSS 1001, jeune coq plein de fougue qui va lui mettre un sacré coup de vieux.

Bonne-scène-pour-la-bande-annonce.mp4

Oui mais voilà, à trop vouloir bien faire, on fait parfois n’importe quoi. Le charme des OSS117 se tenait dans la confrontation de la vieille France au monde moderne, mais dans une certaine finesse que ce film n’a jamais. Si au début je riais volontiers du traitement des femmes, des africains ou du comportement infecte de notre héros dans ce film, c’était principalement parce que j’étais conquis d’avance, mais également parce que la première scène du film et l’évasion de l’espion français restera de loin la meilleure scène du film. Cependant, le film avançant, je prenais un peu de recul, et me déception allait grandissante. Le film était une parodie de lui même.

Décapité, vidé, plumé.

Tout repose en fait sur les épaules de Jean Dujardin, et un peu sur celle de Pierre Niney qui se contente finalement de masculiniser les rôles préalablement portés par Bérénice Béjo et Louise Monot. L’humour, lui, tourne en rond autour de gags prévisibles, sans audace, et surtout sans finesse. Il est toujours bon de rappeler que l’humour est quelque chose de très sérieux, puisqu’il en ressort ici une écriture bâclée qui s’en fait ressentir.
Alerte rouge en Afrique noire : cousu de fil blanc.

« Sapristi nous n’aurons jamais assez de balles pour toutes ces critiques ! »

C’est un déception immense et qui n’est due qu’à ce manque abyssale de finesse. Cet opus souffre de la comparaison avec ses précédents volets, qui se permettaient pourtant de jouer avec des sujets sensibles : musulmans, juifs, nazis, ou encore et toujours les femmes.
Autre grand drame de ce film, et pas des moindre : Hubert Bonisseur de La Bath cherche cette fois-ci à se faire aimer. Il chercher à montrer qu’il n’est pas raciste, à montrer qu’il peut encore bander dur, à montrer qu’il peut être encore jeune. Ce n’est pas mon OSS117.
Mon OSS117 s’en fout que vous l’aimiez puisqu’il est persuadé que c’est le cas, il est imbu de sa personne, raciste et sexiste sans en avoir conscience.. Celui-ci est tout l’inverse, il se rend compte de ses erreurs, qu’on ne l’aime pas et ce n’est pas ce qu’on attend de lui. Il manque un ingrédient, il manque de l’huile pour faire fonctionner les rouages comiques, et sans huile, la mayonnaise ne prend pas.
Un OSS117 politiquement correct, et puis quoi encore.

Après la déception de Kaamelott et le départ de Lionel Messi du FC Barcelone, mon enfant intérieur est fortement mis à mal ces derniers temps.

MA NOTE

Note : 1.5 sur 5.

2 réflexions sur « OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire »

  1. Assez d’accord avec la critique. De bonnes vannes qui vont plaisir mais souvent prévisibles (la scène au bord de la rivière, tu vois arriver la chute à des kilomètres).
    Après le fait de retrouver un OSS117 qui se remet en question, je pense que c’était inévitable, vu que le synopsis du film c’est qu’un jeune et nouvel agent arrive.
    Moi j’ai été déçu de la 1ère tâche qu’on lui confie quand il arrive au bureau (même si on comprend pourquoi plus tard, je n’en ai pas trop vu l’utilité). Et l’histoire fil rouge du président-dictateur et les rebelles, je l’ai trouvé très brouillonne.

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