TENET

On ne présente plus Christopher Nolan qui fait partie de ces réalisateurs qui font la quasi-unanimité. Nourrie par une oeuvre complexe, Tenet fait office de pièce maîtresse dans sa filmographie, car si l’on venait à complexifier encore la trame, nul doute que nos masques seraient rouges tant on saignerait du nez.

Nom de Zeus ! Nous roulons vers le passé !

Xanax

<p class="has-text-align-left" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">Je suis arrivé au cinéma avec un avis totalement neutre. J'ai lu beaucoup de personnes dire qu'elles avaient été très déçues par ce film, et d'autres réagir à ça en disant qu'elles avaient adoré. Ok, on est bien avancé. <br>Pour tout vous dire, durant la première heure, je me suis demandé si ce film n'était pas extrêmement moyen. La quasi-totalité de cette heure repose sur des dialogues, sans véritable moment de pause, ni même aucun ralentissement, comme l'impression de regarder une vidéo YouTube très bien produite ou ça ne fait que parler, les rires forcés et le montage sous coke en moins. Dur à suivre. Beaucoup trop d'informations viennent s'insérer dans votre cerveau, et autant dire que si vous aviez prévu de faire un Snap pour dire à vos potes que vous êtes allés voir Tenet au cinéma, vous pouvez quitter la salle car vous aurez complètement perdu le fil. On a aussi le sentiment que l'élément singulier de ce film n'arrive pas, ce qui est relativement frustrant, imaginez un <em>Jurassic Park</em> sans dinosaures et vous aurez une idée de la frustration.<br>A ce moment là, je me suis dit que toutes ces personnes qui ont défendu le film sont, pour parler franchement, <span style="text-decoration:underline;">des gros suceurs de <strong>Nolan</strong></span>, le genre qui pourrait l'applaudir s'il faisait caca dans un film super8.Je suis arrivé au cinéma avec un avis totalement neutre. J’ai lu beaucoup de personnes dire qu’elles avaient été très déçues par ce film, et d’autres réagir à ça en disant qu’elles avaient adoré. Ok, on est bien avancé.
Pour tout vous dire, durant la première heure, je me suis demandé si ce film n’était pas extrêmement moyen. La quasi-totalité de cette heure repose sur des dialogues, sans véritable moment de pause, ni même aucun ralentissement, comme l’impression de regarder une vidéo YouTube très bien produite ou ça ne fait que parler, les rires forcés et le montage sous coke en moins. Dur à suivre. Beaucoup trop d’informations viennent s’insérer dans votre cerveau, et autant dire que si vous aviez prévu de faire un Snap pour dire à vos potes que vous êtes allés voir Tenet au cinéma, vous pouvez quitter la salle car vous aurez complètement perdu le fil. On a aussi le sentiment que l’élément singulier de ce film n’arrive pas, ce qui est relativement frustrant, imaginez un Jurassic Park sans dinosaures et vous aurez une idée de la frustration.
A ce moment là, je me suis dit que toutes ces personnes qui ont défendu le film sont, pour parler franchement, des gros suceurs de Nolan, le genre qui pourrait l’applaudir s’il faisait caca dans un film super8.

TNT

Oui mais voilà : au sortir de cette longue heure de blabla, le potentiel du film explose sous nos yeux. Rien dans le cinéma ne doit quelque chose au hasard, et cette heure non plus. La trame du film est d’une telle complexité que l’heure qui précède est complètement légitime si l’on veut un temps soit peu comprendre le film, ce qui est généralement utile.
Le film va se découper d’un façon si complexe, que si je vous l’expliquais là, maintenant, vous seriez probablement dans l’incompréhension totale. On parie ? Ok :
Sur un espace de temps, vous avez une trame scénaristique qui va du passé vers le futur, et un autre qui va du futur vers le passé. En fait, dans la réalité de certains personnages, le temps s’écoule à l’envers (pour eux, mais pas pour le reste du monde), et nous suivons toutes les péripéties tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, chacune des trames révélant certains éléments.

Alors ? Paumés ? Pas de panique, on l’est tous un peu.
C’est un film comme je n’en avais jamais vu, d’un complexité folle, et comme beaucoup de personnes, je vais avoir besoin de le revoir une, voir même deux fois avant de bien comprendre le film.

Un spectateur tentant de comprendre Tenet du premier coup.

Je parlais plus haut de l’élément singulier du film, cette faculté à jouer avec le temps, qui mettait du temps à se présenter à nos yeux : S’il est vrai qu’il se fait désirer, lorsqu’il arrive, c’est purement jouissif. Premièrement parce que technologiquement, c’est fort, et ça l’est d’autant plus du point de vue de la mise en scène : faire interagir des personnages qui vont dans un sens du temps et dans l’autre, des éléments tels que des véhicules, ou même une foule de figurants est une prouesse. Même le making-of va être époustouflant.
Et deuxièmement parce qu’après s’être tapé une heure de brainstorming sur l’intrigue, la voir avancer est aussi satisfaisant que lorsque le serveur amène enfin le plat au restaurant. L’heure et demie qui suit est en revanche passée en un éclair, rythmée par une musique qui m’a donné envie de boire une bouteille de vodka pour le simple plaisir de danser dessus dans un état second. Je suis conscient que c’est une approche très personnelle, mais la BO de ce film m’a pris aux tripes, et j’espère qu’elle vous fera le même effet. Pas besoin d’être un cinéphile aguerri pour savoir que le compositeur du film, le suédois Ludwig Göransson, 36ans seulement, va faire parler de lui à une échelle populaire comme ont pu le faire Hans Zimmer, ou John Williams.

Posterity – Ludwig Göransson

Le monde se divise en deux catégories : ceux qui aiment regarder des films, et ceux qui aiment regarder des films sans trop se prendre la tête. Malheureusement, le public issu de la deuxième catégorie a dû se prendre un bon coup de pied dans l’estomac, en allant au cinéma tout pimpant et se disant sûrement « ♫ Lilalou je vais voir le nouveau Nolan ♪ ».
Le film est tout sauf facile d’accès, il n’y a qu’à voir la référence qui se voit comme une vache au milieu d’un couloir au Carré Sator :

Le Carré Magique de Sator

Vous voyez ce carré ? Il se lit dans un sens, mais aussi dans l’autre, à l’image de nos personnage qui traverse le temps de la même façon. Est-ce que le film est une allégorie de ce carré magique, est-ce une interprétation, ou est-ce qu’on va trop loin et ce n’est qu’une référence ? Je ne m’aventurerai pas à répondre à ces questions, mais je vous laisse avec ce thread vu sur Twitter qui traite le sujet.

Certains ont comparé ce film à James Bond, c’est une connerie. C’est un film d’action avec un agent secret, mais ça s’arrête là, à aucun moment le personnage principal ne se tape sa secrétaire en plus.
Certains ont comparé Christopher Nolan à Stanley Kubrick, c’est très flatteur pour Nolan, mais ce sont deux cinémas différents, avec un univers et une approche différente, donc là encore c’est une connerie. Les artistes s’expriment à travers leur art, et vibrent plus dans le coeur de certains que d’autres. Vous avez le droit de préférer Nolan à Kubrick, ne nous faites juste pas chier à comparer les oeuvres d’artistes différents, ou à juger les goûts cinématographiques des autres.

Pour rester sur cette comparaison stupide, même si le film de Stanley Kubrick 2001, L’Odyssée De L’Espace est un oeuvre extrêmement complexe dans son interprétation, il n’en reste pas moins un monument qui fait partie des films à avoir vu dans sa vie. Tenet quant à lui, est davantage compliqué par son intrigue que par son interprétation, c’est une quasi expérience sensorielle qui nous fait sortir de notre propre réalité, et notre propre approche du temps, ce thème si cher à Christopher Nolan.
Temporisons quand même : bien que j’ai adoré les scènes d’actions que ce film offre, et aimé comprendre petit à petit le récit, je ne peux pas oublier que j’ai passé une heure de mon temps à regarder une mise en place beaucoup trop longue et vive, mettant mon endurance mentale à rude épreuve, le film me perdant à plusieurs reprises, à cheval entre le récit complexe, ou gratuitement compliqué. Par ailleurs, je ne ressors pas de ce film en me disant qu’il y aura la moindre scène culte issue de ce film, comme on a pu en avoir dans Inception ou Interstellar entre autres, on sera sans doute plus marqué par le concept exploité du temps qui défile à l’envers, bien que ça ne soit sans doute pas une nouveauté non plus dans l’univers du cinéma. Sachons quand même ne pas faire non plus de faux procès parce qu’on a trop d’exigences envers les films à gros budgets, ou envers un réalisateur ultra populaire.
Je conclurai avec cette phrase que j’ai pu lire sur internet, merveilleux résumé dont je ne connais pas l’auteur original :

CHRISTOPHER NOLAN REGARDE LE TEMPS COMME
QUENTIN TARANTINO REGARDE LES PIEDS.

Ma Note

Note : 4 sur 5.

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